mercredi 18 août 2010 à 20h00

Mise en scène : Hervé Loichemol
Scénographie : Roland Deville
Avec : Sabrina Martin et Caroline Gasser
Qu’est-ce que tu vois?
de Marie José Mondzain
Marie José et Emma, les personnages, s’interrogent donc sur des questions dont les réponses sont incertaines. Peu importe que l’une soit philosophe et l’autre pas, aucune n’est beaucoup plus savante que l’autre. Elles doivent partager les questions, réfléchir ensemble, exposer leurs idées, les offrir, les recevoir, les faire circuler. Marie José et Emma dialoguent devant nous – et sans doute aussi pour nous –, elles discutent, disputent, sur la complexité des choses vues, perçues, reçues, transmises, imaginées. Elles s’interrogent.
Pourquoi donc – manie de philosophes – couper les cheveux en quatre ? Pourquoi chercher ce qui n’est pas clair, mesurable, établi ? Pourquoi perdre son temps quand on nous dit depuis des lustres – on nous le dit moins aujourd’hui – que le temps c’est de l’argent et la curiosité un vilain défaut ?
Peut-être Marie José et Emma se donnent-elles ainsi plus de chance de clarifier ce qu’elles cherchent, de trouver un hypothétique objet, de répondre, autant que faire se peut, aux questions. Et sans doute savent-elles aussi que, si l’énigme perdurait, il leur resterait le plaisir d’avoir cherché ensemble, d’avoir élaboré une pensée commune, partagé un peu de temps, pour fuir l’ennui, jouer, avoir chaud, ou ne pas être seules.
Mais peut-être y a-t-il un peu plus que deux solitudes juxtaposées et réunies par de fantomatiques objets. Peut-être le secret du dialogue réside-t-il moins dans les choses à découvrir que dans la possibilité offerte à chacune d’elles de s’approcher l’une de l’autre, d’ajuster leurs regards, et de régler ainsi l’écart irréductible entre elles, entre nous, entre elles et nous.
Modeste proposition
… pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public
de Jonathan Swift
Notre époque en crise voit chaque jour fleurir des programmes que personne ne comprend, qui sont dépassés sitôt formulés et remplacés le jour suivant par des propositions plus fumeuses que les précédentes. Nous le sentons bien, les demi-mesures, les à-peu-près et les compromis sont révolus : il nous faut des solutions audacieuses, simples et efficaces.
Faute de trouver aujourd’hui les pensées fortes que notre temps exige, tournons-nous vers un auteur qui, il y a 280 ans, savait déjà comment empoigner les problèmes. La Modeste proposition de Swift est une salutaire leçon de rigueur intellectuelle et de fermeté morale adressée à nos gouvernants et à nous-mêmes.
www.fortheatre.fr
Prix :
28.— (plein tarif)
20.— (AVS, étudiants, apprentis)
15.— (moins de 16 ans)
hors abonnement PG
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